{"id":35995,"date":"2022-12-29T11:30:17","date_gmt":"2022-12-29T08:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/demo5.teaser-cube.ru\/2022\/12\/29\/frsweat-offre-aux-influenceurs-quelque-chose-quils-nont-jamais-eu-profondeur\/"},"modified":"2022-12-29T11:30:17","modified_gmt":"2022-12-29T08:30:17","slug":"frsweat-offre-aux-influenceurs-quelque-chose-quils-nont-jamais-eu-profondeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/2022\/12\/29\/frsweat-offre-aux-influenceurs-quelque-chose-quils-nont-jamais-eu-profondeur\/","title":{"rendered":"Sweat offre aux influenceurs quelque chose qu'ils n'ont jamais eu : Profondeur"},"content":{"rendered":"<p>Regarder la sc\u00e8ne d'ouverture de Sweat assis sur un canap\u00e9 semble aussi contradictoire que de manger un paquet de Doritos en restant immobile sur un Peloton. \u00c0 l'aide d'une cam\u00e9ra portative, le r\u00e9alisateur Magnus von Horn suit sa protagoniste Sylwia Zajac (Magdalena Kolesnik), une influenceuse de fitness pleine d'entrain, alors qu'elle fait vibrer une foule en adoration lors d'une d\u00e9monstration publique de cardio dans un centre commercial en Pologne. Son \u00e9paisse queue de cheval blonde oscille en rythme alors qu'elle se faufile entre les fans, criant des mots d'encouragement \u00e0 haute dose comme un leader de m\u00e9ga-\u00e9glise particuli\u00e8rement tonique. C'est un \u00e9vangile de prosp\u00e9rit\u00e9 pour le corps, et c'est une pr\u00e9dicatrice convaincante. Je me suis presque lev\u00e9 pour la suivre.\n<\/p>\n<p>Si vous avez pass\u00e9 un peu de temps dans les coins d'Internet consacr\u00e9s au fitness, Sylwia est une figure famili\u00e8re. Dans le nouveau film de von Horn, qui sortira dans les salles de cin\u00e9ma vendredi et sur la plateforme de streaming Mubi le mois prochain, elle publie des s\u00e9ances d'entra\u00eenement \u00e0 domicile pour ses 600 000 adeptes dans une s\u00e9rie de tenues en \u00e9lasthanne aux couleurs chatoyantes ; elle mange des bols de c\u00e9r\u00e9ales pr\u00e9fabriqu\u00e9s contenant des macronutriments \u00e9quilibr\u00e9s ; elle fait la promotion de ces bols de c\u00e9r\u00e9ales sur ses comptes de m\u00e9dias sociaux, \u00e0 condition que leurs fabricants aient d\u00e9montr\u00e9 leur engagement en faveur d'un emballage durable. Elle est mince et belle, le genre de personne qui a toujours l'air \u00e9clair\u00e9e par une lumi\u00e8re circulaire, mais elle est assez maligne pour laisser tomber de temps en temps sa fa\u00e7ade brillante et r\u00e9v\u00e9ler quelques vuln\u00e9rabilit\u00e9s humanisantes. (Elle veut vraiment avoir un petit ami.) Ses annonceurs n'aiment pas ces aper\u00e7us orchestr\u00e9s de fragilit\u00e9, mais cela n'a pas d'importance - les fans le font.\n<\/p>\n<p>Les influenceurs sont souvent d\u00e9crits dans les livres, les films et les m\u00e9dias comme la preuve d'une insipidit\u00e9 culturelle rampante et envahissante. La d\u00e9pendance \u00e0 l'\u00e9gard des adeptes pour la validation et l'attention devient un raccourci de la pourriture soci\u00e9tale. Le r\u00e9cent film Mainstream de Gia Coppola tente de critiquer la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 en ligne en racontant l'histoire d'un cin\u00e9aste qui aide un arnaqueur charismatique \u00e0 devenir un farceur viral. Mais cela ne fonctionne pas ; l'intrigue pourrait aussi bien avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par un robot nourri exclusivement d'articles alarmistes sur la d\u00e9pravation de Logan Paul. (Synopsis de l'intrigue : \" INTERNET FAME BAD \".) Les parodies de la culture des influenceurs n'ont pas besoin d'\u00eatre nuanc\u00e9es. Le r\u00e9cent roman Self Care de Leigh Stein offre une dissection d\u00e9licieuse de la #girlboss, et le prochain roman de Beth Morgan, A Touch of Jen, est une com\u00e9die-horreur impitoyable sur les dangers de l'obsession d'Instagram. La premi\u00e8re grande satire des influenceurs a \u00e9t\u00e9 Ingrid Goes West en 2017, un film \u00e0 deux volets impitoyable et dr\u00f4le qui associe une fangirl d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, Ingrid (Aubrey Plaza), \u00e0 une experte en mode de vie boho-chic jou\u00e9e par Elizabeth Olsen. Ces personnages sont de vastes arch\u00e9types - le cas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et la princesse - mais le film ne vise pas le r\u00e9alisme psychologique. Il s'agit plut\u00f4t d'une satire d'une certaine sc\u00e8ne mill\u00e9naire du sud de la Californie.\n<\/p>\n<p>Sweat ne cherche pas \u00e0 s'int\u00e9grer dans cette nouvelle collection de satires d'influenceurs, ce qui est tout \u00e0 son avantage. Au lieu de cela, il offre quelque chose de plus nouveau : une \u00e9tude de caract\u00e8re rafra\u00eechissante du type de personne souvent r\u00e9duite \u00e0 une punchline. Il ne s'agit pas tant de juger Sylwia que de sonder les contours superficiels de son monde pour permettre \u00e0 la profonde solitude de faire surface.\n<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa performance d'ouverture dynamique, le public voit l'\u00e9nergie de Sylwia diminuer, mais ce n'est pas le cas de l'artiste \u00e0 deux visages qui boude en coulisses. Il s'agit plut\u00f4t du portrait d'une personne qui tire son identit\u00e9 de la boucle de r\u00e9troaction entre elle et ses adeptes ; son enthousiasme est authentique, mais limit\u00e9. Avec une autre actrice, Sylwia aurait pu se transformer en quelqu'un de plus m\u00fbr pour la moquerie, mais Kolesnik la moule en un nerf \u00e0 vif, si bien intentionn\u00e9 que son narcissisme est un d\u00e9faut pardonnable. Elle raconte ses journ\u00e9es sur l'\u00e9cran de son t\u00e9l\u00e9phone en faisant des courses dans sa voiture et en tra\u00eenant dans son appartement moderne et bien rang\u00e9, semblant plus \u00e0 l'aise lorsqu'elle s'adresse \u00e0 son public invisible.\n<\/p>\n<p>Les interactions avec les personnes hors ligne sont plus d\u00e9licates, plus d\u00e9sordonn\u00e9es et beaucoup plus difficiles \u00e0 contr\u00f4ler. Elle est une pr\u00e9sence tendue \u00e0 la f\u00eate d'anniversaire de sa m\u00e8re, trop d\u00e9sireuse que ses proches c\u00e9l\u00e8brent ses r\u00e9ussites, si d\u00e9sireuse de se faire valoir qu'elle ne peut s'emp\u00eacher de faire en sorte que tout le d\u00eener tourne autour d'elle (elle apporte une t\u00e9l\u00e9vision en cadeau, sans se soucier du fait qu'elle encombre l'espace de vie de sa m\u00e8re, et apporte \u00e9galement un DVD d'entra\u00eenement qu'elle vient de sortir pour s'assurer que sa famille l'utilise pendant le repas ; lorsqu'elle re\u00e7oit un retour dans la conversation, elle insulte le petit ami de sa m\u00e8re et part en claquant la porte).\n<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/movieworld.blog\/auto_content\/local_image\/6364558789551941.webp\"><\/figure>\n<p>Par Paris Martineau\n<\/p>\n<p>Les interactions avec les personnes qui adh\u00e8rent \u00e0 son personnage ne se passent pas beaucoup mieux. La rencontre d'une fan dans la vie r\u00e9elle montre \u00e0 quel point leur dynamique est bizarre : la femme persuade Sylwia de s'asseoir avec elle et lui confie des d\u00e9tails intimes sur une r\u00e9cente fausse couche, parfaitement \u00e0 l'aise pour d\u00e9charger son bagage \u00e9motionnel sur cet avatar de la positivit\u00e9. Lorsque Sylwia confie \u00e0 son tour qu'elle a des difficult\u00e9s, la femme ne semble pas le comprendre. Peu apr\u00e8s, Sylwia se rend compte qu'un inconnu qui la suit en ligne la harc\u00e8le, assis dans sa voiture devant son complexe d'appartements. Elle le voit se masturber pendant qu'elle prom\u00e8ne son chien, et r\u00e9agit avec une peur et une rage v\u00e9ritables, en barbouillant son pare-brise de crottes de chien. Au fur et \u00e0 mesure que le film progresse, leur dynamique est compliqu\u00e9e par la fixation qu'elle fait sur lui. Les relations parasociales que ses fans d\u00e9veloppent avec son image soutiennent Sylwia financi\u00e8rement, professionnellement et \u00e9motionnellement, mais la laissent aussi ali\u00e9n\u00e9e. Dans un troisi\u00e8me acte d'une brutalit\u00e9 inattendue, ses difficult\u00e9s \u00e0 faire la part des choses entre les vrais et les faux liens la mettent dans une situation dangereuse avec un autre influenceur.\n<\/p>\n<p>Sweat conduit Sylwia jusqu'\u00e0 la limite de la reconnaissance d'elle-m\u00eame, mais \u00e9vite les d\u00e9clarations g\u00e9n\u00e9rales ou les grandes moralisations. Le film n'en a pas besoin. C'est une tranche de vie finement r\u00e9alis\u00e9e avec une compr\u00e9hension inhabituellement sophistiqu\u00e9e des m\u00e9dias sociaux. Avec Eighth Grade de Bo Burnham, c'est l'un des premiers films \u00e0 vraiment cerner la psychologie du partage en ligne. \"Je veux \u00eatre cette Sylwia faible et path\u00e9tique, parce que les gens faibles et path\u00e9tiques sont les plus beaux \", d\u00e9clare Sylwia \u00e0 un pr\u00e9sentateur de journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 dans les derniers moments du film, les larmes aux yeux alors qu'elle se d\u00e9fend d'avoir expos\u00e9 tant d'\u00e9motions en ligne. Mais ensuite, elle est de nouveau sur pied et rebondit, se produisant devant un large public national, et il n'est pas du tout clair si elle peut d\u00e9m\u00ealer ce qu'elle semble \u00eatre de ce qu'elle est, ou si elle a en fait puis\u00e9 dans une version plus honn\u00eate d'elle-m\u00eame ou simplement compris comment vendre l'authenticit\u00e9 en m\u00eame temps que la forme physique. Peu importe. Ce que Sweat a compris, c'est qu'il n'y a pas de fronti\u00e8re nette entre ce que nous sommes et ce que nous pr\u00e9tendons \u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Regarder la sc\u00e8ne d'ouverture de Sweat assis sur un canap\u00e9 semble aussi contradictoire que de manger un paquet de Doritos en restant immobile sur un Peloton. \u00c0 l'aide d'une cam\u00e9ra portative, le r\u00e9alisateur Magnus von Horn suit sa protagoniste Sylwia Zajac (Magdalena Kolesnik), une influenceuse de fitness pleine d'entrain, alors qu'elle fait vibrer une foule [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":36000,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-35995","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-movies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35995","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35995"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35995\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/36000"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35995"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35995"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35995"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}