{"id":35787,"date":"2022-12-29T10:50:17","date_gmt":"2022-12-29T07:50:17","guid":{"rendered":"https:\/\/demo5.teaser-cube.ru\/2022\/12\/29\/frkimi-le-film-de-steven-soderbergh-est-une-catastrophe-vivante\/"},"modified":"2022-12-29T10:50:17","modified_gmt":"2022-12-29T07:50:17","slug":"frkimi-le-film-de-steven-soderbergh-est-une-catastrophe-vivante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/2022\/12\/29\/frkimi-le-film-de-steven-soderbergh-est-une-catastrophe-vivante\/","title":{"rendered":"Kimi, le film de Steven Soderbergh, est une catastrophe vivante."},"content":{"rendered":"<p>\"  De temps en temps, peut-\u00eatre pour faire preuve d'humilit\u00e9, Steven Soderbergh r\u00e9alise un film vraiment inexplicable \", \u00e9crivait Roger Ebert en 2002 dans sa critique de Full Frontal de Soderbergh. Ebert n'est plus l\u00e0, h\u00e9las, alors je vais le dire : le dernier Soderbergh inexplicable est ici.\n<\/p>\n<p>Il faut s'en r\u00e9jouir, et non s'en inqui\u00e9ter. M\u00eame lorsque le prolifique et in\u00e9gal Soderbergh est en mode \"je me casse la figure\", il ne r\u00e9alise pas de films ennuyeux. Son dernier film, Kimi, dont la premi\u00e8re a eu lieu jeudi sur HBO Max, est un l\u00e9ger thriller plein de vie, plomb\u00e9 ou am\u00e9lior\u00e9 - c'est difficile \u00e0 dire - par des choix narratifs bizarres. Le r\u00e9sultat est une mise \u00e0 jour d\u00e9cal\u00e9e de Rear Window qui ose poser la question suivante : \"Et si, au lieu de Jimmy Stewart regardant par la fen\u00eatre avec une jambe cass\u00e9e, nous regardions Zo\u00eb Kravitz \u00e9couter l'audio collect\u00e9 par un appareil domestique intelligent tout en luttant contre un acc\u00e8s prolong\u00e9 d'agoraphobie induite par un traumatisme ?\n<\/p>\n<p>L'intrigue elle-m\u00eame est assez simple, surtout si on la compare au dernier film de Soderbergh, No Sudden Move, qui empilait les doubles trahisons les unes sur les autres jusqu'\u00e0 ce que la v\u00e9rit\u00e9 vacille. Ici, les m\u00e9chants sont clairs, tout comme le h\u00e9ros. Angela Childs (Kravitz) travaille pour la soci\u00e9t\u00e9 technologique Amygdala, qui est sur le point d'entrer en bourse gr\u00e2ce \u00e0 son appareil Kimi, un concurrent d'Alexa et de Siri. Childs passe ses journ\u00e9es dans un vaste loft industriel immacul\u00e9 de Seattle, \u00e0 \u00e9couter des bribes d'audio marqu\u00e9es pour une interpr\u00e9tation humaine, et \u00e0 plaisanter de temps en temps avec son coll\u00e8gue du service technique en Roumanie. Lorsqu'elle ne travaille pas, elle regarde les informations en faisant du v\u00e9lo d'appartement, se brosse les dents de fa\u00e7on obsessionnelle, fait des vid\u00e9oconf\u00e9rences avec sa m\u00e8re et son psychiatre ou invite Terry (Bryan Bowers), son voisin d'en face, \u00e0 venir faire un tour. Un jour, elle entend un extrait audio qui ressemble \u00e0 un crime violent. Lorsqu'elle tente de rapporter ce qu'elle entend \u00e0 Amygdala, elle devient la cible de personnes puissantes qui ne veulent pas que l'audio soit divulgu\u00e9.\n<\/p>\n<p>L'histoire g\u00e9n\u00e9rale est un jeu de chat et de souris assez ordinaire. La bizarrerie fondamentale du film, cependant, s'infiltre dans les d\u00e9tails. Angela, voyez-vous, est gravement agoraphobe, et ne veut pas quitter son appartement, malgr\u00e9 une douloureuse infection dentaire. Et pourtant, Angela a une coupe de cheveux bleu \u00e9lectrique avec une frange de b\u00e9b\u00e9. Traitez-moi de fendeur de cheveux (au sens propre), mais cette coiffure tr\u00e8s exigeante en termes d'entretien serait tr\u00e8s difficile \u00e0 r\u00e9aliser chez soi, seul. Il est difficile d'imaginer un look qui crie plus explicitement \" rendez-vous de cinq heures au salon avec des coupes r\u00e9guli\u00e8res \". Et oui, ce film se d\u00e9roule dans un univers l\u00e9g\u00e8rement alternatif o\u00f9 le Covid-19 a eu lieu, mais o\u00f9 Seattle est \u00e9galement secou\u00e9e par des protestations politiques au sujet de lois visant \u00e0 limiter les mouvements des personnes sans domicile, alors peut-\u00eatre que dans ce monde, il y a eu des progr\u00e8s majeurs dans la coloration \u00e0 domicile, mais allez.\n<\/p>\n<p>Une autre distraction : Pourquoi Angela est-elle si riche ? Elle n'est qu'une simple mod\u00e9ratrice de contenu, et pourtant elle vit dans un loft tentaculaire \u00e0 Seattle comme une sorte de Frasier Crane des temps modernes. Il y a un commentaire d\u00e9sinvolte selon lequel son p\u00e8re l'a aid\u00e9e \u00e0 r\u00e9nover, mais quand m\u00eame, sommes-nous en train de regarder un film sur un enfant de fonds en fiducie qui choisit simplement de travailler dur dans un poste d'analyste de contenu de niveau moyen (au mieux) ? En revanche, le PDG d'Amygdala, Bradley Hasling (Derek DelGaudio), est montr\u00e9 au d\u00e9but du film en train de t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rer depuis un espace de travail improvis\u00e9 dans son garage. Pourquoi cet homme n ' a-t-il pas un bureau \u00e0 domicile ? C'est la troisi\u00e8me ann\u00e9e de la pand\u00e9mie, et il est dans la hi\u00e9rarchie ! S'il s'agissait, disons, d'un film de Nancy Meyers, nous pourrions nous moquer de ces choix de d\u00e9cors \u00e9tranges. Mais Soderbergh est habituellement tr\u00e8s attentif aux distinctions de classe.\n<\/p>\n<p>Angela est inexplicable, ce qui n'est pas synonyme de complexe. Elle est m\u00e9fiante et prudente, mais elle \u00e9coute aussi sans broncher ses patrons quand ils lui disent de ne rien mettre par \u00e9crit et de venir au bureau plut\u00f4t que d'alerter les autorit\u00e9s. Son agoraphobie donne \u00e0 Soderbergh une excuse pour d\u00e9ployer une cam\u00e9ra tremblante de style clip vid\u00e9o lorsqu'elle s'aventure enfin dans les rues, mais cela a un c\u00f4t\u00e9 plaqu\u00e9, comme si la version originale du sc\u00e9nario avait not\u00e9 que sa protagoniste avait besoin de plus d'obstacles \u00e0 surmonter que des seigneurs de la technologie peu recommandables qui veulent sa peau. De m\u00eame, sa romance avec son voisin semble inject\u00e9e dans le film pour tenter de remplir une case.\n<\/p>\n<p>Mais d\u00e8s qu'Angela sort de chez elle, le film acc\u00e9l\u00e8re et se transforme en une course-poursuite cin\u00e9tique suffisamment captivante pour qu'il soit difficile de s'int\u00e9resser \u00e0 une caract\u00e9risation \u00e9trange. Au fur et \u00e0 mesure que les personnes qui veulent r\u00e9duire Angela au silence rentrent chez elles et qu'elle \u00e9chappe \u00e0 leur emprise, puis se retrouve \u00e0 nouveau en danger, le ton oscille entre l'horreur et la com\u00e9die, avec une \u00e9preuve de force finale si \u00e9nergique, surprenante et presque burlesque qu'elle appartient au canon des \u0153uvres les plus dr\u00f4les de Soderbergh. Dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, les gens demanderont probablement \u00e0 leurs assistants domestiques intelligents de l'allumer lorsqu'ils seront d'humeur \u00e0 faire quelque chose de rapide, d'effrayant et d'un peu stupide.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\" De temps en temps, peut-\u00eatre pour faire preuve d'humilit\u00e9, Steven Soderbergh r\u00e9alise un film vraiment inexplicable \", \u00e9crivait Roger Ebert en 2002 dans sa critique de Full Frontal de Soderbergh. Ebert n'est plus l\u00e0, h\u00e9las, alors je vais le dire : le dernier Soderbergh inexplicable est ici. Il faut s'en r\u00e9jouir, et non s'en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":35792,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-35787","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","","category-movies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35787","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35787"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35787\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35787"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35787"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35787"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}