{"id":34929,"date":"2022-12-29T09:25:35","date_gmt":"2022-12-29T06:25:35","guid":{"rendered":"https:\/\/demo5.teaser-cube.ru\/2022\/12\/29\/frle-film-spiderhead-de-netflix-na-pas-le-charme-de-lhistoire-dont-il-sinspire\/"},"modified":"2022-12-29T09:25:35","modified_gmt":"2022-12-29T06:25:35","slug":"frle-film-spiderhead-de-netflix-na-pas-le-charme-de-lhistoire-dont-il-sinspire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/2022\/12\/29\/frle-film-spiderhead-de-netflix-na-pas-le-charme-de-lhistoire-dont-il-sinspire\/","title":{"rendered":"Le film Spiderhead de Netflix n'a pas le charme de l'histoire dont il s'inspire."},"content":{"rendered":"<p>George Saunders, 63 ans, est un type de mec rare : il \u00e9crit des trucs bizarres que les gens lisent vraiment. Son roman de 2017, Lincoln in the Bardo, est racont\u00e9 par une \u00e9quipe de fant\u00f4mes litt\u00e9raux et souvent incompr\u00e9hensibles. Il a remport\u00e9 le Booker Prize. Il se faufile all\u00e8grement entre les genres, non pas tant en rejetant leurs r\u00e8gles qu'en montrant clairement qu'il ne s'est jamais souci\u00e9 d'apprendre ces r\u00e8gles en premier lieu.\n<\/p>\n<p>En 2006, le magazine Guernica a interrog\u00e9 Saunders sur sa relation avec l'un de ses genres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, la science-fiction. \"Je n'en lisais pas beaucoup quand j'\u00e9tais jeune\", r\u00e9pond Saunders, avant de se lancer dans une r\u00e9miniscence charg\u00e9e d'\u00e9motion du visionnage du premier Star Wars et de voir les \"vaisseaux voler au-dessus de votre t\u00eate\", tout en remarquant \"qu'ils sont tous en mauvais \u00e9tat au fond. Ils sont tous racl\u00e9s, il y a de la rouille et tout.  \"Ce moment a \u00e9t\u00e9 personnellement d\u00e9cisif, explique-t-il. \" Je me suis dit : \"Oh oui, peu importe \u00e0 quel point nous sommes avanc\u00e9s - que nous ayons des voitures robotis\u00e9es ou autre chose - nous allons toujours tout bousiller avec notre humanit\u00e9\".  '\"\n<\/p>\n<p>Le r\u00e9alisateur de Spiderhead est Joseph Kosinski, qui conna\u00eet actuellement un succ\u00e8s traditionnel au box-office avec Top Gun : Maverick. Spiderhead met en sc\u00e8ne de beaux hommes forts, Chris Hemsworth et Miles Teller. La logique semble donc \u00e9vidente : demander \u00e0 un grand r\u00e9alisateur de s'emparer d'un \u00e9trange bout d'histoire et de le gonfler. Mais comme les critiques l'ont largement soulign\u00e9, en adaptant l'original de Saunders, le film a r\u00e9ussi \u00e0 perdre son charme particulier.\n<\/p>\n<p>\u00c0 son cr\u00e9dit, Spiderhead conserve une grande partie de la marque de fabrique de l'auteur, le langage d'entreprise bizarro\u00efde, l'\u0153il mort, notamment certains noms de marques pharmaceutiques \u00e0 vous briser l'\u00e2me (MobiPak \u2122 , Verbaluce \u2122 , Darkenfloxx \u2122 ). Et Hemsworth, en particulier, essaie vraiment de faire honneur \u00e0 Saunders en devenant un peu gaffeur. Mais au moment o\u00f9 nous arrivons aux bagarres du final, aux bateaux \u00e0 moteur et autres trucs de films, il est difficile de ne pas se demander quel \u00e9tait le but de tout cela.\n<\/p>\n<p>Selon les donn\u00e9es confidentielles de Netflix, Spiderhead a \u00e9t\u00e9 visionn\u00e9 pendant 35 millions d'heures au cours de sa premi\u00e8re semaine de sortie. En th\u00e9orie, n'importe quel amateur de science-fiction devrait \u00eatre enthousiasm\u00e9 par l'existence d'un succ\u00e8s de science-fiction sans franchise, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 grands frais et bas\u00e9 sur l'\u0153uvre d'un Am\u00e9ricain bizarre. Mais Spiderhead est surtout mauvais, et c'est une d\u00e9ception. Parce que m\u00eame au-del\u00e0 du potentiel de l'histoire de Saunders, il y a beaucoup de choses \u00e0 faire ici.\n<\/p>\n<p>Dans l'Am\u00e9rique de 2022, il est tout \u00e0 fait possible, en fonction de votre statut socio-\u00e9conomique, de lire un article de journalisme d'investigation sur une exp\u00e9rience bizarre en prison et d'en faire l'exp\u00e9rience directe et horrible. Une recherche extr\u00eamement sommaire permet de trouver cet article datant de l'\u00e9t\u00e9 2021, en Arkansas, sur quatre hommes trait\u00e9s pour Covid-19 : \" Ils ont rapidement commenc\u00e9 \u00e0 souffrir d'une s\u00e9rie d'effets secondaires, notamment des probl\u00e8mes de vision, de la diarrh\u00e9e, des selles sanglantes et des crampes d'estomac. Ce n'est que plus tard qu'ils ont d\u00e9couvert qu'on leur avait prescrit, sans leur consentement, des doses significativement \u00e9lev\u00e9es d'ivermectine, un m\u00e9dicament antiparasitaire couramment utilis\u00e9 sur les animaux d'\u00e9levage.  \"\n<\/p>\n<p>Dans les mains de Kosinksi, le mat\u00e9riau est trait\u00e9 avec une grandiloquence r\u00e9active. Si vous faites l'objet d'une exp\u00e9rience, au bout du compte, vous allez devoir frapper quelqu'un. Dans les mains de Saunders, la r\u00e9ponse franche est plut\u00f4t un... interminable cri d'horreur muet ? Je ne peux m'emp\u00eacher de penser qu'une autre \u00e9quipe d'acteurs, moins pr\u00e9par\u00e9e physiquement, aurait pu traiter le sujet de Saunders. Des acteurs qui peuvent facilement sembler intimid\u00e9s et...\n<\/p>\n<p>En comparant le film Spiderhead \u00e0 son mat\u00e9riau d'origine, Mashable a \u00e9crit : \" La nouvelle de Saunders avait le potentiel d'\u00eatre une pi\u00e8ce de chambre de science-fiction contenue et introspective dans la veine d'Ex Machina.  \"C'est une bonne comparaison qui me rappelle, en particulier, la fameuse sc\u00e8ne de danse de ce dernier film.\n<\/p>\n<p>Le r\u00e9alisateur d'Ex Machina, Alex Garland, a d\u00e9clar\u00e9 que cette sc\u00e8ne est n\u00e9e de l'instinct de mettre quelque chose dans son film \" qui casse le ton et r\u00e9veille les gens \".  \"On peut en rire, on est cens\u00e9 en rire. Dans la crainte constante d'Ex Machina, il y a... \u00e7a. Peu importe ce que c'est.\n<\/p>\n<p>Cela me fait \u00e9galement penser aux films de science-fiction de Charlie Kaufman, \u00e0 Snowpiercer de Bong Joon-ho, ou \u00e0 la r\u00e9cente parabole sur l'\u00e9quilibre entre vie professionnelle et vie priv\u00e9e, Severance : Tous ces films sont souvent, ou principalement, ridicules. Dans le premier \u00e9pisode de Black Mirror, on fait chanter un chef d'\u00c9tat pour qu'il fasse l'amour avec un cochon \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. C'est une pr\u00e9misse objectivement loufoque ; c'est mon \u00e9pisode pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de la s\u00e9rie. Quand la science-fiction n'est pas obs\u00e9d\u00e9e par les grands conflits manich\u00e9ens, elle peut \u00eatre un peu b\u00eate et tr\u00e8s bonne.\n<\/p>\n<p>Le p\u00e9ch\u00e9 ultime de Spiderhead est sa fin, qui est une pi\u00e8ce d'action patente \u00e0 travers laquelle chaque personnage majeur finit par obtenir son \" bon \" destin. Il convient toutefois de noter que la nouvelle de Saunders commet le m\u00eame genre d'erreur en offrant au protagoniste un moyen (beaucoup plus compliqu\u00e9) de sortir de l'horreur. Si la science-fiction dans ce qu'elle a de meilleur refl\u00e8te non pas ce \u00e0 quoi ressemble le fait d'\u00eatre en vie maintenant, mais ce que l'on ressent, alors le geste honn\u00eate consiste \u00e0 laisser ce m\u00eame cri muet rouler pour toujours.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>George Saunders, 63 ans, est un type de mec rare : il \u00e9crit des trucs bizarres que les gens lisent vraiment. Son roman de 2017, Lincoln in the Bardo, est racont\u00e9 par une \u00e9quipe de fant\u00f4mes litt\u00e9raux et souvent incompr\u00e9hensibles. Il a remport\u00e9 le Booker Prize. 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