{"id":34773,"date":"2022-12-29T09:22:50","date_gmt":"2022-12-29T06:22:50","guid":{"rendered":"https:\/\/demo5.teaser-cube.ru\/2022\/12\/29\/fryahya-abdul-mateen-ii-est-pret-a-vous-epater\/"},"modified":"2022-12-29T09:22:50","modified_gmt":"2022-12-29T06:22:50","slug":"fryahya-abdul-mateen-ii-est-pret-a-vous-epater","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/2022\/12\/29\/fryahya-abdul-mateen-ii-est-pret-a-vous-epater\/","title":{"rendered":"Yahya Abdul-Mateen II est pr\u00eat \u00e0 vous \u00e9pater !"},"content":{"rendered":"<p>Rare est le voyant des lendemains. Pourtant, Morpheus incarne ce r\u00f4le avec brio. Dans les films Matrix, affam\u00e9 de salut, il est le proph\u00e8te noir de la qu\u00eate de libert\u00e9 de Sion. Un d\u00e9fenseur de l'h\u00e9ritage de l'humanit\u00e9. Un capitaine judicieux avec le temp\u00e9rament d'un moine bouddhiste. Il d\u00e9gage une fra\u00eecheur sophistiqu\u00e9e - gr\u00e2ce, en grande partie, \u00e0 l'interpr\u00e9tation textur\u00e9e de Laurence Fishburne dans la trilogie originale. Tirant son nom du dieu grec des r\u00eaves, Morph\u00e9e est le messager de jours meilleurs, d'un avenir plus imaginatif. Sans lui, l'\u00e9vasion du monde de code et de chaos des Wachowskis semble sans espoir. Les machines finissent par gagner ; la matrice se r\u00e9\u00e9crit elle-m\u00eame. Mais \u00e0 travers les yeux de Morph\u00e9e, la d\u00e9livrance est possible.\n<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/movieworld.blog\/auto_content\/local_image\/6329775005587049.webp\" \/><\/figure>\n<p>Yahya Abdul-Mateen II est l'acteur id\u00e9al pour reprendre le r\u00f4le de Fishburne dans The Matrix Resurrections : C'est un voleur de sc\u00e8ne qui a le don de faire vibrer le spectateur au plus profond de lui-m\u00eame. N\u00e9 \u00e0 la Nouvelle-Orl\u00e9ans, cet homme de 35 ans a abandonn\u00e9 une carri\u00e8re d'architecte pour se consacrer \u00e0 Hollywood et a obtenu un dipl\u00f4me de la Yale School of Drama. Depuis, il a incarn\u00e9 un gangster du Bronx des ann\u00e9es 1970 (The Get Down), le super-vilain Black Manta (Aquaman), le g\u00e9nial \u00eatre divin Doctor Manhattan (Watchmen) - pour lequel il a remport\u00e9 un Emmy en 2020 - et le r\u00e9volutionnaire noir Bobby Seale (The Trial of the Chicago 7). Plus t\u00f4t cette ann\u00e9e, il s'est transform\u00e9 en Candyman pour le remake du slasher de Nia DaCosta, un film d'horreur qui se doublait d'un commentaire social avis\u00e9 sur la fa\u00e7on dont le vol culturel peut faire de nous des monstres. Abdul-Mateen a insuffl\u00e9 \u00e0 chacun de ces personnages, dont beaucoup \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 bien ancr\u00e9s dans le canon de la culture populaire, une profondeur profonde et envo\u00fbtante.\n<\/p>\n<p>Mais il ne s'agit jamais seulement du r\u00f4le, dit Abdul-Mateen. Chaque r\u00f4le est une chance de pr\u00e9senter une vision sans compromis. Car aucun acteur noir n'est son seul personnage. Lorsqu'un acteur - surtout s'il est noir - est capable d'apporter \u00e0 un r\u00f4le une humanit\u00e9 totale qui ouvre une porte sur l'\u00e2me, il ouvre la voie \u00e0 quelque chose d'encore plus extraordinaire. Cela ouvre la voie \u00e0 un avenir pour Hollywood qui refl\u00e8te les histoires et les conteurs noirs comme ils devraient l'\u00eatre.\n<\/p>\n<p>En d\u00e9finitive, c'est une question de pr\u00e9voyance. Le besoin d'\"images de demain\", comme le disait l'auteur de science-fiction Samuel Delany en 1978, reste primordial. \u00c0 l'\u00e9poque, Delany appelait \u00e0 un avenir plus noir dans la fiction. Un avenir plus \u00e9trange. Une telle image est arriv\u00e9e 21 ans plus tard, avec The Matrix. Maintenant, avec Abdul-Mateen, nous en avons une autre. Il contribue \u00e0 l'av\u00e8nement d'une nouvelle \u00e8re prosp\u00e8re pour les acteurs noirs, qui leur offre plus d'autonomie, de pouvoir et de propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 Hollywood. Lorsque nous discutons - d'abord par Zoom puis, apr\u00e8s que la connexion ait in\u00e9vitablement \u00e9t\u00e9 interrompue, par t\u00e9l\u00e9phone - il traverse les rues de Londres en milieu d'apr\u00e8s-midi sur la banquette arri\u00e8re d'un taxi. C'est le d\u00e9but de l'automne. Il est en mouvement, il va d'un endroit \u00e0 l'autre. Mais il est impatient de parler. Il se connecte. Il se branche. Yahya Abdul-Mateen II est pr\u00eat \u00e0 offrir la v\u00e9rit\u00e9, rien de plus.\n<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/movieworld.blog\/auto_content\/local_image\/2136914982097760.webp\" \/><\/figure>\n<p>Yahya Abdul-Mateen II : Je devais avoir 14 ans. Je me souviens d'avoir essay\u00e9 de me pencher en arri\u00e8re, d'avoir essay\u00e9 de faire ce mouvement o\u00f9 j'esquive les balles - d'avoir essay\u00e9 de faire pousser une centaine de bras et de bouger si vite et si lentement que je me suis transform\u00e9 en plusieurs personnes.\n<\/p>\n<p>L'heure des balles. Sans aucun doute l'un des moments les plus cool du film ;\n<\/p>\n<p>Pour moi, il s'agissait de ce qui pouvait \u00eatre possible dans mon imagination, des diff\u00e9rentes fa\u00e7ons dont je pouvais maintenant sortir et me battre, des diff\u00e9rents superpouvoirs que je pouvais imaginer avoir.\n<\/p>\n<p>Neo ne pouvait le faire que parce qu'il se trouvait dans un monde virtuel, bien s\u00fbr - une \"simulation interactive neuronale\", comme le dit Morpheus. La r\u00e9alit\u00e9 vous semble-t-elle parfois irr\u00e9elle ?\n<\/p>\n<p>[Rires.] Ouais, mec. On sort tout juste d'une putain de pand\u00e9mie. Une des choses qui fait que la r\u00e9alit\u00e9 semble un peu \u00e9trange - comme s'il y avait un changement dans l'univers - c'est le changement.\n<\/p>\n<p>Quel est un exemple ?\n<\/p>\n<p>L'une d'entre elles est notre rapport \u00e0 la technologie, la fa\u00e7on dont nous communiquons avec les autres, le sentiment que nous pouvons \u00eatre \u00e0 plusieurs endroits \u00e0 la fois. Cela a ouvert cette autre conversation que les gens ont sur ce qui est r\u00e9el et ce qui ne l'est pas, ce qui est n\u00e9cessaire pour faire l'exp\u00e9rience de la r\u00e9alit\u00e9. Plus nous avons ces conversations, plus nous devenons sensibles \u00e0 la possibilit\u00e9 que tout cela ne soit qu'un r\u00eave ou qu'une simulation ou une r\u00e9alit\u00e9 alternative.\n<\/p>\n<p>Pensez-vous qu'il est possible de donner un sens aux choses, de vivre une vie qui a du sens, si le monde ne semble pas si r\u00e9el que \u00e7a ?\n<\/p>\n<p>Absolument. Il est non seulement possible mais important de trouver un sens \u00e0 tout. Vous savez, il faut souvent quelque chose, un monde de r\u00eave ou un autre type d'exp\u00e9rience, pour vous propulser dans votre propre \"monde r\u00e9el\", entre guillemets.  \"Tant que l'esprit et le c\u0153ur sont ouverts, vous trouverez un sens \u00e0 tout ce que votre esprit vous permet de vivre.\n<\/p>\n<p>On dirait que vous avez des id\u00e9es compliqu\u00e9es sur la technologie ;\n<\/p>\n<p>Je suis un hypocrite. J'aime quand \u00e7a m'aide, et je d\u00e9teste quand \u00e7a ne m'aide pas. Les m\u00e9dias sociaux, c'est une r\u00e9alit\u00e9 ultime \u00e0 part enti\u00e8re. C'est un v\u00e9ritable univers. Les gens y passent autant de temps - c'est dr\u00f4le que je dise \" l\u00e0 \", car cela en fait un lieu r\u00e9el - que dans le monde r\u00e9el.\n<\/p>\n<p>Est-ce sain ?\n<\/p>\n<p>Vous devez respecter cette r\u00e9alit\u00e9. On ne veut pas \u00eatre laiss\u00e9 pour compte, mais on ne veut pas non plus \u00eatre tellement absorb\u00e9 par cet autre monde, par le monde de la technologie, que l'on stagne dans celui-ci. Beaucoup de choses comptent encore dans ce monde - le toucher, les relations, les conversations r\u00e9elles et l'inconfort. La technologie est con\u00e7ue pour \u00eatre pratique. Elle est con\u00e7ue pour rendre les choses plus faciles, pour rendre la vie un peu plus confortable. Mais nous avons besoin d'inconfort. Nous avons besoin d'inconfort pour grandir.\n<\/p>\n<p>D'une certaine mani\u00e8re, c'est le message de la trilogie originale de Matrix. Les Wachowskis nous ont montr\u00e9 un monde largement non blanc, peupl\u00e9 de personnes qui, bien qu'opprim\u00e9es, se battent pour un avenir meilleur. Des gens qui ne veulent pas \u00eatre d\u00e9finis par la fa\u00e7on dont le statu quo les d\u00e9finit. Quelle est votre interpr\u00e9tation du futur qu'ils essayaient d'envisager ?\n<\/p>\n<p>Je comprends ces all\u00e9gories. Pour ma part, j'ai vu des messages sur les gens de la classe ouvri\u00e8re. J'ai vu des messages sur les gens qui n'exercent pas l'autonomie qu'ils ont r\u00e9ellement dans la vie. Des gens qui, sans le savoir, sont coinc\u00e9s sur le tapis roulant, dont la vie est v\u00e9cue pour eux plut\u00f4t que d'\u00eatre vraiment libre.\n<\/p>\n<p>Vous parlez d'autonomie. Que signifie ce mot pour vous, en tant qu'artiste noir ?\n<\/p>\n<p>Cela signifie que toute l'id\u00e9e de crossover passe \u00e0 la trappe. Il y a une id\u00e9e - qui n'est pas accept\u00e9e par tout le monde - selon laquelle, pour avoir du succ\u00e8s \u00e0 Hollywood, il faut apaiser un march\u00e9 non noir. Quand vous faites \u00e7a, vous compromettez certaines de vos pratiques et croyances culturelles. Vous compromettez une partie de vous-m\u00eame. Quand l'artiste est compl\u00e8tement autonome - quand l'artiste noir est autonome - alors l'artiste noir est lib\u00e9r\u00e9 de ce besoin d'acceptation, et ce que nous apportons \u00e0 la table, ce que nous d\u00e9sirons, qui nous sommes culturellement, la fa\u00e7on dont nous parlons, la musique que nous \u00e9coutons, la fa\u00e7on dont nous nous habillons, nos v\u00eatements, notre style, les histoires que nous d\u00e9cidons de raconter de la fa\u00e7on dont nous d\u00e9cidons de les raconter - elles sont automatiquement la norme. Elles sont automatiquement accept\u00e9es. Il ne s'agit que de qualit\u00e9. Il ne s'agit pas de trouver un large public auquel s'identifier. Il ne s'agit pas de mettre les gens \u00e0 l'aise. Il ne s'agit pas de s'asseoir dans une bo\u00eete. Il ne s'agit pas de se conformer. C'est \u00e0 \u00e7a que ressemble l'autonomie.\n<\/p>\n<p>Est-ce le but ultime pour vous ?\n<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de ma carri\u00e8re, je me suis concentr\u00e9 sur la libert\u00e9 - la libert\u00e9 d'expression et la libert\u00e9 artistique. Il faut du courage. Il faut un esprit rebelle. Il faut une certaine force d'\u00e2me, mais il faut aussi le soutien des gens qui vous entourent pour soutenir cette vision et y croire.\n<\/p>\n<p>Vos plus grands r\u00f4les ont tous \u00e9t\u00e9 dans le genre - Black Manta, Doctor Manhattan, Candyman. Ce sont des personnages que nous connaissons, des personnages qui ont une histoire et un pass\u00e9. Comment avez-vous r\u00e9ussi \u00e0 vous les approprier ?\n<\/p>\n<p>Vous devez vous identifier au personnage de mani\u00e8re significative. Il faut avoir une raison de dire oui \u00e0 ce voyage qui est plus profonde que la popularit\u00e9 du personnage. Vous ne pouvez pas le faire simplement parce que c'est Morpheus ou parce que c'est Docteur Manhattan ou Black Manta. \u00c7a ne te m\u00e8nera pas assez loin. Il faut trouver son chemin, et s'approprier le personnage en ayant une perspective.\n<\/p>\n<p>Alors, comment mesurez-vous le succ\u00e8s d'un r\u00f4le ?\n<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 je vois ou entends quelque chose, je sais d\u00e9j\u00e0 ce que je ressens \u00e0 propos de mon travail. C'est plus que suffisant pour moi.\n<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/movieworld.blog\/auto_content\/local_image\/4011231710870073.webp\" \/><\/figure>\n<p>Ressentez-vous une quelconque responsabilit\u00e9 en tant qu'acteur noir ?&nbsp ;\n<\/p>\n<p>Ma responsabilit\u00e9 est envers moi-m\u00eame. Et si j'en suis l\u00e0, c'est que je veux avoir la libert\u00e9 de faire ce que je veux faire, de la mani\u00e8re dont je veux le faire. C'est int\u00e9ressant, vous savez, l'id\u00e9e de comment Lana [Wachowski] travaille. C'est vraiment le r\u00eave - \u00eatre capable de travailler comme elle le fait.\n<\/p>\n<p>Parlez-moi de votre travail avec Lana sur le nouveau film ;\n<\/p>\n<p>Lana est stupide. Elle est tr\u00e8s orient\u00e9e famille. J'ai probablement entendu ce mot plus que tout autre au cours du film.\n<\/p>\n<p>Que voulait-elle dire par l\u00e0 ?\n<\/p>\n<p>Elle parle de la famille, c'est-\u00e0-dire des acteurs, de l'\u00e9quipe, de tout le monde, du sommet \u00e0 la base. Elle tenait vraiment \u00e0 ce que ce soit une exp\u00e9rience familiale. Elle a \u00e9galement un sens aigu de la vision. C'est la seule r\u00e9alisatrice avec laquelle j'ai travaill\u00e9 qui prend la cam\u00e9ra du directeur de la photographie ou du cam\u00e9raman pour filmer elle-m\u00eame. Elle \u00e9tait l\u00e0, presque \u00e0 l'int\u00e9rieur du film. Elle a vraiment mis ses muscles et sa sueur dans le film. Et vous parlez de quelqu'un qui a l'esprit vif. J'ai appr\u00e9ci\u00e9 le fait qu'elle ait pu cr\u00e9er le monde de Matrix, mais qu'elle soit revenue 20 ans plus tard et qu'elle l'ait adapt\u00e9 \u00e0 son histoire personnelle et \u00e0 son parcours, et qu'elle l'ait rendu universel. J'ai l'impression qu'elle cr\u00e9e son art pour un seul public, c'est-\u00e0-dire elle-m\u00eame, et qu'elle esp\u00e8re qu'il y aura un app\u00e9tit pour cet art.\n<\/p>\n<p>Cela semble \u00eatre la forme la plus pure d'expression cr\u00e9ative ;\n<\/p>\n<p>Elle n'est pas conformiste. Surtout avec les films des grands studios, il y a souvent beaucoup de demandes et de compromis \u00e0 faire. Mais son approche \u00e9tait vraiment, vraiment inspirante pour voir un artiste prendre son destin en main, pour ainsi dire.\n<\/p>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/movieworld.blog\/auto_content\/local_image\/4277566487473120.webp\" \/><\/figure>\n<figure><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/movieworld.blog\/auto_content\/local_image\/7483181983108485.webp\" \/><\/figure>\n<p>Croyez-vous que nous sommes en charge de nos destins ? Dans un sens, le principe m\u00eame de Matrix sugg\u00e8re le contraire ;\n<\/p>\n<p>Nous devons l'\u00eatre. Mais en m\u00eame temps, il est important de savoir que l'on ne peut pas tout contr\u00f4ler. Mon professeur d'art dramatique, Evan Yionoulis, a dit : \"Tiens-toi bien, laisse-toi aller doucement\".  \"C'est un \u00e9quilibre entre contr\u00f4ler ce que l'on peut contr\u00f4ler et permettre \u00e0 l'univers de faire son travail. Cela demande un peu d'autor\u00e9flexion, d'\u00e9ducation et de confiance en soi. C'est un peu l\u00e0 o\u00f9 je suis - probablement en train de tenir les r\u00eanes tr\u00e8s fermement en ce moment. Je n'ai pas vraiment confiance dans la partie \" l\u00e2cher prise \". [Mais je pense que c'est la jeunesse et l'ent\u00eatement. Je crois que je suis sur la bonne voie.\n<\/p>\n<p>Une autre le\u00e7on \u00e0 tirer de la franchise Matrix est que tous les mondes ne sont pas aussi fig\u00e9s que nous le pensons. \u00c0 quoi pourrait ressembler un monde plus parfait pour les acteurs noirs ?\n<\/p>\n<p>Le travail de fond a \u00e9t\u00e9 fait. Il a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 pendant de nombreuses ann\u00e9es, et maintenant il est r\u00e9compens\u00e9 financi\u00e8rement. Nous devons simplement continuer \u00e0 le faire. Continuer \u00e0 cr\u00e9er ces espaces. Et puis \u00e7a se ramifiera en dehors du m\u00e9tier d'acteur, et vous verrez des opportunit\u00e9s dans l'\u00e9criture et la r\u00e9alisation. On commencera \u00e0 en voir dans le d\u00e9partement des costumes, de la coiffure et du maquillage. L'accessibilit\u00e9 ne sera plus un probl\u00e8me. La fiabilit\u00e9 sur les grands projets ne sera plus un probl\u00e8me. Nous avons besoin de plus de gens qui continuent \u00e0 faire preuve d'audace et \u00e0 rester sur leurs positions.\n<\/p>\n<p>Comment voyez-vous votre r\u00f4le dans cette transformation ?\n<\/p>\n<p>C'est une question d'honn\u00eatet\u00e9. C'est vraiment ce que je recherche en ce moment : cr\u00e9er des moments honn\u00eates, des histoires honn\u00eates. Je ne pense pas beaucoup \u00e0 l'h\u00e9ritage. Je veux dire, moi si. Pour s\u00fbr, je le fais. Mais ce qui me permettra d'arriver \u00e0 un endroit o\u00f9 je serai satisfait de mon h\u00e9ritage - de ce que mon h\u00e9ritage dit - c'est si je reste fid\u00e8le \u00e0 moi-m\u00eame. Si je travaille avec des gens avec qui j'ai envie d'aller boire un verre. Si je raconte des histoires sur des gens qui me ressemblent, des histoires sur des gens qui auraient pu passer chez moi quand j'\u00e9tais petit. Si j'apporte tout mon \u00eatre \u00e0 mon travail, alors je pense que mon travail parlera de lui-m\u00eame.\n<\/p>\n<p>Vous avez mentionn\u00e9 la gr\u00e2ce plus t\u00f4t. Pensez-vous que la fa\u00e7on dont vous abordez votre m\u00e9tier consiste \u00e0 comprendre o\u00f9 il faut laisser la place \u00e0 la gr\u00e2ce ?\n<\/p>\n<p>Tu dois le faire. Sinon, on se rend fou. Un artiste doit apprendre \u00e0 \u00eatre \u00e0 la fois brutal et gentil. La brutalit\u00e9 est ce qui va vous emp\u00eacher de dormir la nuit et ce qui va vous initier \u00e0 une autocritique honn\u00eate. La gr\u00e2ce va vous dire : \" OK, tu as fait du bon travail, il est temps de te reposer.  \"Tu as besoin d'un peu des deux. Et si vous voulez faire quelque chose qui vaille la peine d'\u00eatre regard\u00e9 - si vous voulez avoir une r\u00e9elle humanit\u00e9 dans votre travail - alors vous avez besoin de la gr\u00e2ce. Ce ne sera pas toujours \u00e0 moi d'incarner quelqu'un qui \u00e9tait gentil et qui a fait de grandes choses dans la vie. Parfois, \u00e0 l'\u00e9cran, vous devez faire des choses que vous ne feriez pas dans votre propre vie. Pour bien le faire, il faut avoir un sens de la gr\u00e2ce pour ce personnage, comprendre et avoir l'id\u00e9e qu'avec un peu de chance - si la page ou le sc\u00e9nario penche dans ce sens - vous ne jouez pas seulement le mal absolu.\n<\/p>\n<p>Le fait de jouer Morpheus vous a-t-il r\u00e9v\u00e9l\u00e9 quelque chose sur vous-m\u00eame en tant qu'acteur, ou en tant qu'homme noir, qui vous a surpris ?\n<\/p>\n<p>Non.\n<\/p>\n<p>Pourquoi \u00e7a ?\n<\/p>\n<p>Je ne veux m\u00eame pas vous raconter de conneries. C'\u00e9tait une bonne exp\u00e9rience d'y aller et de jouer ce personnage, de lui donner vie. De prendre les r\u00eanes et d'entrer dans quelque chose qui est consid\u00e9r\u00e9 comme une ic\u00f4ne. Mais en ce qui concerne mon identit\u00e9 d'homme noir, elle a tendance \u00e0 \u00eatre ancr\u00e9e dans d'autres choses. Et ce n'\u00e9tait pas vraiment une des fa\u00e7ons dont j'ai \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 sur ce projet. Mais c'\u00e9tait vraiment cool.\n<\/p>\n<p>Stylisme : Jan-Michael Quammie. Assistance stylistique de Kevin Lanoy. Toilettage par Giselle Ali avec Pat McGrath. V\u00eatements de Thom Browne (portrait du haut) et Vetements (portrait en gros plan) ; bottes d'Alexander McQueen ; lunettes de soleil de Prada.&nbsp ;\n<\/p>\n<p>Cet article est paru dans le num\u00e9ro de d\u00e9cembre 2021\n<\/p>\n<p>Faites-nous savoir ce que vous pensez de cet article. Envoyez une lettre \u00e0 la r\u00e9daction \u00e0 l'adresse mail@wired.com.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rare est le voyant des lendemains. Pourtant, Morpheus incarne ce r\u00f4le avec brio. Dans les films Matrix, affam\u00e9 de salut, il est le proph\u00e8te noir de la qu\u00eate de libert\u00e9 de Sion. Un d\u00e9fenseur de l'h\u00e9ritage de l'humanit\u00e9. Un capitaine judicieux avec le temp\u00e9rament d'un moine bouddhiste. 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