{"id":34617,"date":"2022-12-29T09:20:23","date_gmt":"2022-12-29T06:20:23","guid":{"rendered":"https:\/\/demo5.teaser-cube.ru\/2022\/12\/29\/frblack-panther-wakanda-forever-nest-pas-un-film-marvel-classique\/"},"modified":"2022-12-29T09:20:23","modified_gmt":"2022-12-29T06:20:23","slug":"frblack-panther-wakanda-forever-nest-pas-un-film-marvel-classique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/2022\/12\/29\/frblack-panther-wakanda-forever-nest-pas-un-film-marvel-classique\/","title":{"rendered":"Black Panther : Wakanda Forever n'est pas un film Marvel classique"},"content":{"rendered":"<p>La sortie de Black Panther n'a ressembl\u00e9 \u00e0 rien d'autre. L'impact, imm\u00e9diat et durable, \u00e9tait cosmique. Le fait que le film soit sorti pendant les ann\u00e9es Trump, une p\u00e9riode dystopique de 2018 o\u00f9 la vie des Noirs \u00e9tait plus pr\u00e9caire que d'habitude et o\u00f9 l'appel aux super-h\u00e9ros noirs \u00e9tait plus urgent, a donn\u00e9 \u00e0 son message une charge particuli\u00e8re. C'\u00e9tait un ph\u00e9nom\u00e8ne trois fois plus grand - un triomphe commercial, critique et culturel.\n<\/p>\n<p>King T'Challa \u00e9tait un h\u00e9ros d'un nouvel \u00e2ge pour une \u00e9poque nouvelle et incertaine. Chadwick Boseman, qui n'est pas \u00e9tranger aux r\u00f4les plus grands que nature, a fait preuve d'\u00e9quilibre et de charisme aux c\u00f4t\u00e9s d'un ensemble de stars comprenant Lupita Nyong'o et Michael B. Jordan. Black Panther avait des dents, et il \u00e9tait assez intelligent pour \u00e9viter le pi\u00e8ge facile de la repr\u00e9sentation dans une industrie affam\u00e9e de couleur et de sens. Gr\u00e2ce au r\u00e9alisateur Ryan Coogler et au co-sc\u00e9nariste Joe Robert Cole, le film a \u00e9t\u00e9 plus qu'un miracle de reconnaissance, il a \u00e9t\u00e9 la mesure d'un v\u00e9ritable progr\u00e8s. Il nous a parl\u00e9 et nous lui avons r\u00e9pondu. De nouveaux avenirs noirs - complexes, luxuriants et libres - s'ouvraient.\n<\/p>\n<p>Le d\u00e9c\u00e8s de Boseman, en 2020, des suites d'un cancer du c\u00f4lon, n'\u00e9tait pas pr\u00e9vu dans l'un de ces avenirs. Les franchises sont construites sur le pouvoir des stars, et sans Boseman, l'un des plus brillants et des plus prometteurs de Marvel, Black Panther : Wakanda Forever est hant\u00e9 par son absence, drap\u00e9 dans le genre de chagrin qui ne peut \u00eatre ignor\u00e9. Il est rare que les films du MCU canalisent les turbulences du chagrin avec une attention aussi ind\u00e9fectible (WandaVision s'en est approch\u00e9 dans sa description non conventionnelle d'un chagrin d'amour conjugal et de ses contrecoups psychologiques). Le positionnement est curieux mais efficace. J'h\u00e9site \u00e0 qualifier Wakanda Forever de nouveau type de super-h\u00e9ros \u00e0 succ\u00e8s - il n'a pas totalement r\u00e9invent\u00e9 la roue - mais il n'en est pas loin. Coogler a dot\u00e9 sa suite d'un nouveau vocabulaire : Il parle aussi bien de la perte que du triomphe. Le chagrin est sa langue maternelle.\n<\/p>\n<p>Le roi est mort, et les yeux du monde sont \u00e0 nouveau tourn\u00e9s vers le Wakanda. La reine Ramonda (Angela Bassett) a repris le tr\u00f4ne et, au cours de l'ann\u00e9e qui a suivi la mort de son fils, elle a fait de son mieux pour maintenir le statut de puissance souveraine de la nation africaine. Seule nation connue \u00e0 en poss\u00e9der, le Wakanda reste riche en vibranium - le minerai mystique utilis\u00e9 pour cr\u00e9er des armes et des technologies de pointe - et refuse de partager ses ressources avec ses alli\u00e9s (dans une premi\u00e8re sc\u00e8ne, des soldats fran\u00e7ais tentent d'en voler et se font rapidement botter le cul par des agents infiltr\u00e9s de Dora Milaje). La cupidit\u00e9 \u00e9tant l'\u00e9tincelle de toutes sortes de conflits \u00e0 travers l'histoire, Cooler et Cole sont d\u00e9sireux de faire d\u00e9marrer l'histoire de cette mani\u00e8re. Le gouvernement am\u00e9ricain lance une op\u00e9ration de traque du vibranium dans l'oc\u00e9an Atlantique, mais celle-ci est myst\u00e9rieusement contrecarr\u00e9e par une puissance inconnue : le peuple de Talokan, un empire sous-marin qui abrite la seule autre source de vibranium sur Terre.\n<\/p>\n<p>Namor (Tenoch Huerta Mej\u00eda) est leur chef bless\u00e9, qui tient \u00e0 garder secr\u00e8te l'existence de Talokan. Il poss\u00e8de des superpouvoirs de mutant - force accrue, r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration aquatique et vol (gr\u00e2ce aux ailes qu'il porte aux chevilles) - et commande sa nation d'une main m\u00e9ticuleuse, quoique \u00e9nergique. (L'exploitation mini\u00e8re menace d'exposer son utopie oc\u00e9anique, il \u00e9labore donc un plan pour l'arr\u00eater : tuer la scientifique de g\u00e9nie qui a construit le dispositif de tra\u00e7age du vibranium (Riri Williams, qui introduit Ironheart dans le MCU) et s'aligner avec le Wakanda contre le monde de la surface. Mais le Wakanda refuse. Et les deux nations se retrouvent face \u00e0 une guerre presque certaine.\n<\/p>\n<p>Une guerre qui, en fait, n'est pas aussi persuasive que les principes qui l'animent. Comme l'app\u00e9tit incessant du gouvernement am\u00e9ricain pour l'influence mondiale. Ou la rage d\u00e9vorante que ressent Shuri (Letitia Wright) suite \u00e0 la perte de son fr\u00e8re, et la fa\u00e7on tr\u00e8s r\u00e9elle dont elle la pousse \u00e0 agir. Ou comment la m\u00e9chancet\u00e9 de Namor, si on peut l'appeler ainsi, est enracin\u00e9e quelque part de plus profond, de plus humain. Il est taill\u00e9 dans le tissu des antih\u00e9ros classiques du MCU. Comme Wanda. Comme Kang. Namor est r\u00e9gal\u00e9 par le paradoxe et sa col\u00e8re n'est pas totalement injustifi\u00e9e. Tout est dans la fa\u00e7on dont son histoire est pr\u00e9sent\u00e9e : Il est le descendant d'une tribu m\u00e9so-am\u00e9ricaine du 16\u00e8me si\u00e8cle qui a fui l'esclavage et a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9e de trouver refuge sous l'eau. Il est le survivant d'un peuple qui a appris \u00e0 survivre dans des conditions horribles. Sa morale a du poids.\n<\/p>\n<p>Toutes les pierres de touche de Coogler sont pr\u00e9sentes. Il adopte la m\u00eame hybridit\u00e9 diasporique qui a fait de la Panth\u00e8re noire originale un exploit singulier (la conceptrice de production Hannah Beachler et la costumi\u00e8re Ruth Carter sont toutes deux revenues pour la suite). Cette fois, au-del\u00e0 des champs d'\u00e9meraude et des march\u00e9s grouillants du Wakanda, c'est l'\u00e9den aquatique de Namor qui nous est pr\u00e9sent\u00e9. Beachler et Carter ont con\u00e7u un \u00e9lixir visuel qui puise dans le folklore maya : les v\u00eatements, le langage et l'architecture sont tous agr\u00e9ment\u00e9s de d\u00e9tails indig\u00e8nes frappants. L'un des grands d\u00e9fauts du film, cependant, est que nous ne passons pas plus de temps \u00e0 nous promener dans la ville sous-marine, \u00e0 nous faire une id\u00e9e de ses habitants et de leur culture.\n<\/p>\n<p>On m'a d\u00e9j\u00e0 dit que les traumatismes se figent au sommet. Il nous demande de temp\u00e9rer notre rythme, de prendre la mesure de la totalit\u00e9 de ce qui s'est pass\u00e9, de la douleur qui en r\u00e9sulte. Ramonda et Shuri font de leur mieux pour supporter un chagrin inimaginable, pour se souvenir de ce qu'elles ont perdu. Le fait est que les films de super-h\u00e9ros - leur logique narrative - exigent une certaine dynamique. Ils doivent continuer \u00e0 avancer. Ils vacillent comme une bande dessin\u00e9e, planche par planche, sans jamais se reposer trop longtemps avant la sc\u00e8ne suivante. Le chagrin nous demande le contraire. Il nous demande de faire une pause, de ralentir nos pas. C'est l\u00e0 que Wakanda Forever est le plus en d\u00e9saccord : Il a du mal \u00e0 d\u00e9cider ce qu'il doit ressentir, sur quelle \u00e9motion il veut se poser. Mais c'est peut-\u00eatre le film le plus vrai. Le plus honn\u00eate. Il n'est pas aussi ordonn\u00e9. Il est inconvenant, mais plus vuln\u00e9rable en cons\u00e9quence.\n<\/p>\n<p>L'aspect central qui fait de Wakanda Forever un film Marvel unique - le deuil comme pi\u00e8ce ma\u00eetresse - est aussi l'aspect que je trouve le moins satisfaisant. Bien s\u00fbr, on ne peut pas l ' ignorer dans un film comme celui-ci. On ne peut pas \u00e9viter le brouillard qui se forme et la douleur qui semble ne jamais vouloir partir. On doit l'encercler. Il faut l'affronter de face. D'une certaine fa\u00e7on, on doit en faire l'histoire.\n<\/p>\n<p>Et ce \u00e0 quoi cela ressemble, ce \u00e0 quoi cela se mat\u00e9rialise magnifiquement dans un film comme Wakanda Forever, c'est ce \u00e0 quoi cela a toujours ressembl\u00e9 : des femmes noires capables et attentionn\u00e9es - m\u00e8res, s\u0153urs et amies - qui utilisent le chagrin qu'elles ont re\u00e7u et ne le laissent pas les utiliser. M\u00eame dans les utopies afrofuturistes, un fait de la vie noire est obstin\u00e9ment persistant : M\u00eame nos super-h\u00e9ros ne peuvent pas d\u00e9jouer la mort.\n<\/p>\n<p>Et quand ils ne se r\u00e9v\u00e8lent pas invincibles, que se passe-t-il ? Ceux qui restent trouvent un moyen de se battre, de gu\u00e9rir. C'est une histoire vieille comme le monde, et tragiquement trop r\u00e9elle. Vous l'avez probablement d\u00e9j\u00e0 entendue. C'est une histoire qui ne perd jamais son sens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sortie de Black Panther n'a ressembl\u00e9 \u00e0 rien d'autre. L'impact, imm\u00e9diat et durable, \u00e9tait cosmique. 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