{"id":34175,"date":"2022-12-29T09:12:35","date_gmt":"2022-12-29T06:12:35","guid":{"rendered":"https:\/\/demo5.teaser-cube.ru\/2022\/12\/29\/frtout-partout-et-en-meme-temps-parfait-le-nihilisme-optimiste\/"},"modified":"2022-12-29T09:12:35","modified_gmt":"2022-12-29T06:12:35","slug":"frtout-partout-et-en-meme-temps-parfait-le-nihilisme-optimiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/movieworld.blog\/fr\/2022\/12\/29\/frtout-partout-et-en-meme-temps-parfait-le-nihilisme-optimiste\/","title":{"rendered":"Tout, partout et en m\u00eame temps, parfait le nihilisme optimiste"},"content":{"rendered":"<p>En 2012, le l\u00e9gendaire compte Twitter @horse_ebooks a tweet\u00e9 : \" Tout arrive tellement. \" Bien qu'il soit \u00e0 la limite de l'absurde, ce message capturait singuli\u00e8rement le sentiment d'\u00e9puisement que l'on \u00e9prouve en essayant de suivre le flot d'intrants qui r\u00e9clament l'attention chaque jour. C'est dans ce lieu de r\u00e9signation chaotique que Everything Everywhere All at Once intervient pour apporter de la clart\u00e9.\n<\/p>\n<p>Everything Everywhere, le dernier film du duo de r\u00e9alisateurs connu sous le nom de Daniels (Swiss Army Man), est centr\u00e9 sur Evelyn (interpr\u00e9t\u00e9e dans des dizaines de versions par Michelle Yeoh), une femme qui essaie simplement de remplir sa d\u00e9claration d'imp\u00f4ts pour faire tourner la laverie automatique qu'elle poss\u00e8de avec son mari, Waymond (Ke Huy Quan). Sa fille, Joy (Stephanie Hsu), veut amener sa petite amie \u00e0 la f\u00eate d'anniversaire du vieux p\u00e8re d'Evelyn (James Hong), qui est vieux jeu et n'approuvera pas leur relation. Pendant ce temps, Waymond se bat pour trouver l'espace n\u00e9cessaire pour dire \u00e0 Evelyn qu'il veut divorcer. L'histoire est racont\u00e9e de fa\u00e7on fr\u00e9n\u00e9tique mais se d\u00e9roule aussi comme une histoire parfaitement racontable sur le chaos de la vie et le sentiment d'\u00eatre tir\u00e9 dans mille directions \u00e0 la fois. Et puis le multivers s'ouvre.\n<\/p>\n<p>Les histoires de multivers sont l\u00e9gion dans la culture populaire. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le Marvel Cinematic Universe. (Ironiquement, Daniels - Daniel Kwan et Daniel Scheinert - ont refus\u00e9 l'opportunit\u00e9 de travailler sur Loki, qui traitait abondamment des possibilit\u00e9s multiverselles). Mais elles sont rarement explor\u00e9es de mani\u00e8re aussi approfondie et significative que dans Everything Everywhere. L'incursion d'Evelyn dans son multivers lui donne une perspective, une chance de concilier son travail ennuyeux, son mari geignard et sa fille difficile avec des versions de sa vie dans lesquelles elle est un chef hibachi, une star de cin\u00e9ma et - dans un tournant - un rocher litt\u00e9ral. \u00c0 mi-chemin entre l'introspection et la science-fiction, le film de Kwan et Scheinert pousse tout cela \u00e0 ses extr\u00eames \u00e9motionnels et logiques. Mais au lieu d'arriver \u00e0 une conclusion nihiliste, il pose une question plus optimiste : S'il n'y a pas de r\u00e8gles, pas de cons\u00e9quences, alors pourquoi ne pas se d\u00e9cha\u00eener ?\n<\/p>\n<p>L'absurdit\u00e9 traverse chaque sc\u00e8ne. Pour naviguer dans le multivers, il faut effectuer des actions stupides et al\u00e9atoires, comme manger du baume \u00e0 l\u00e8vres ou accepter un prix, et chaque fois qu'Evelyn ou un membre de sa famille prend une d\u00e9cision, une autre ligne temporelle se s\u00e9pare. Chaque fois qu'Evelyn ou un membre de sa famille prend une d\u00e9cision, une autre ligne temporelle se ramifie. L'id\u00e9e est que des d\u00e9cisions apparemment petites ou sans cons\u00e9quence peuvent conduire \u00e0 des r\u00e9sultats radicalement diff\u00e9rents. Tout au long de Everything Everywhere, les personnages accomplissent des actions ridicules afin d'acqu\u00e9rir de nouvelles capacit\u00e9s, mais ce sont finalement les actions les plus minuscules et les plus improbables qui changent le cours de la f\u00eate qu'Evelyn organise pour son p\u00e8re&nbsp ;\n<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, il est facile de comprendre pourquoi Evelyn est frustr\u00e9e par son travail, son mari, sa fille. Mais apr\u00e8s avoir vu les nombreuses fa\u00e7ons dont leur vie aurait pu se d\u00e9rouler, les innombrables possibilit\u00e9s de qui ils auraient pu devenir, une v\u00e9rit\u00e9 plus profonde \u00e9merge. Si rien ne compte, alors la seule chose qui peut compter est ce que vous choisissez. Le multivers peut contenir une quantit\u00e9 infinie de douleur et de c\u0153ur bris\u00e9, mais il contient aussi une quantit\u00e9 infinie de cr\u00e9ativit\u00e9, de passion, de beaut\u00e9 et de connexion.&nbsp ;\n<\/p>\n<p>\u00c0 travers cette lentille, le cynisme lui-m\u00eame se r\u00e9sume \u00e0 un choix comme un autre. Il n'est pas na\u00eff ou ignorant de choisir de valoriser les petits moments, les petits actes de bont\u00e9. Dans un monde o\u00f9 tant de choses peuvent sembler insignifiantes, choisir la cruaut\u00e9 ou le d\u00e9sespoir n'a pas plus de valeur que d'opter pour la gentillesse et l'empathie. En fait, choisir la destruction ne fait qu'acc\u00e9l\u00e9rer l'entropie.\n<\/p>\n<p>Everything Everywhere ne se contente pas de rejeter le cynisme, il le r\u00e9fute. Et c'est peut-\u00eatre l\u00e0 sa valeur la plus d\u00e9terminante. Le film prend le concept d'un multivers infini - et par extension, la nature vaste et \u00e9crasante de nos propres exp\u00e9riences - et l'examine \u00e0 la fois de mani\u00e8re critique et avec compassion. Par moments, il fixe litt\u00e9ralement le vide et ne cille pas lorsque le vide le regarde en retour.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2012, le l\u00e9gendaire compte Twitter @horse_ebooks a tweet\u00e9 : \" Tout arrive tellement. \" Bien qu'il soit \u00e0 la limite de l'absurde, ce message capturait singuli\u00e8rement le sentiment d'\u00e9puisement que l'on \u00e9prouve en essayant de suivre le flot d'intrants qui r\u00e9clament l'attention chaque jour. 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